4 juin 2020
Dans Tendance,

Consommer local : devenu la normale ?

« D’ici c’est meilleur ! », c’est le slogan de campagne lancé par la ville de Saint-Gilles dans le Gard en soutien à l’économie locale. Affichée partout sur le territoire de la commune, elle vise à inciter les habitants à consommer sur place.

Une consommation « Génération Covid »

Privilégier le « made in France », c’est ce que 45% des français confinés ont fait au mois d’avril 2020, et 37% se sont tournés vers des produits issus des circuits courts. Ils sont même 63% à revendiquer consommer le plus possible de produits locaux pour soutenir l’économie.

En Nouvelle-Aquitaine par exemple, le site Drive Fermier Gironde a enregistré 900 commandes par semaine pendant le confinement, soit plus de quatre fois plus qu’avant le Covid-19. Beaucoup de Bordelais se sont tournés vers le monde agricole pour se nourrir et 50 % de ces nouveaux clients ont gardé cette habitude depuis le 11 mai. En Mayenne, Franck Courcelles, éleveur laitier à Gesnes, a doublé les volumes du lait Faire France pendant le confinement et cela continue de progresser. Si bien que les centrales d’achat de la grande distribution qui ne vendaient pas encore leur lait ont demandé dans l’urgence de référencer la bouteille au logo du lait équitable produit en France.

Tendance déjà forte avant la crise, la notion d’engagement vis-à-vis des produits consommés ressort encore plus renforcée aujourd’hui. Un engagement vers la qualité des produits, vers une alimentation plus saine et équilibrée à travers des achats et des recettes de produits bruts, le plus local possible et le plus bénéfique à la santé. De plus, après la révolution du bio et du local pourrait même venir celle de « l’ultra-local » : la consommation de produits issus de l’environnement immédiat du lieu de vente.

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Grandes surfaces : quand le local vient frapper à leur porte

A tel point que la grande distribution, jusqu’à présent plutôt étrangère à ce phénomène, entend désormais s’en emparer. Acheter au plus près pour distribuer les produits d’agriculteurs locaux au détriment de ceux installés à l’étranger, et ce malgré des différences de coûts, c’est un calcul que font déjà les enseignes indépendantes, dont les patrons de magasins sont localement très implantés.

Mais même Carrefour ou Auchan, pourtant des distributeurs intégrés, ont choisi de s’y mettre. Un producteur de pommes de terre de Petite Forêt, près de Valenciennes (Nord), y a vendu pour la première fois ses légumes en direct, après 45 ans de voisinage sans lien avec le supermarché Auchan. Le géant a désormais mis en place des systèmes de référencement en moins de 48 heures pour les producteurs, et quasiment tous les magasins ont la moitié de leurs rayons fruits et légumes en local. Une tendance qui « va durer au-delà de cette crise », a souligné Edgard Bonte, président d’Auchan.

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Des enseignes comme Intermarché ou Système U, qui ont beaucoup communiqué sur leur soutien aux producteurs locaux, ont gagné de nouveaux clients. Thierry Cotillard, le président d’Intermarché et Netto, y voit dans le renforcement des liens de proximité des « changements positifs pour l’avenir ».

 

Un esprit solidaire et un lien social renforcé

Autre attrait du commerce alimentaire local : le lien social. Les gens aiment aussi parler avec leurs commerçants, leur demander des conseils ou blaguer, des notions qu’ils ont perdues en allant par commodité dans les grandes surfaces. Un engagement de soutien aux agriculteurs et aux petits commerçants de proximité s’est vu naître depuis le déconfinement. Que ce soit à travers de nombreuses opérations de solidarité en ligne ou par des choix de consommations plus locales (se faire livrer ses produits directement du producteur), ces usages sont souvent dictés par notre peur de voir les artisans disparaître face à cette crise sanitaire devenue économique pour les petits acteurs de l’alimentation. D’où de nombreux soutiens à la plateforme J’aide les producteurs locaux, née pendant le confinement et qui permet d’écouler produits agricoles bruts, mais aussi vins, fromages, charcuteries, biscuits, chocolats, etc. en mettant en relation gratuitement des producteurs et des distributeurs d’une même région.

Mais bien d’autres acteurs sont aussi créateurs de lien social. Restaurateurs, bars, cafés, traiteurs… ont su trouver des solutions pendant la crise. Comme les restaurants-épiceries, piste sur laquelle beaucoup de restaurateurs et d’hôteliers se sont lancés : miser sur la diversification avec la vente de plats à emporter et l’installation d’une petite épicerie et d’un dépôt de pain au sein de leurs établissements. Pour beaucoup, l’objectif était d’alimenter les habitants du quartier et créer une animation pour que les gens voient les produits qu’ils utilisent pour faire leurs plats. Depuis le 2 juin, ces solutions ont perduré, et notamment avec les mesures sanitaires qui leur sont toujours imposées : paravents en plexiglas, menu sur le smartphone…

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Ces acteurs réussissent à recréer le lien social tout en s’adaptant à la situation ; il en sera alors de même pour les traiteurs et pour nous, acteurs de l’événementiel, quand le temps sera venu de se projeter à nouveau dans les événements d’entreprise.

A l’heure où la situation revient à la normale, il est temps de nous montrer solidaires avec les restaurateurs, bars et cafés, tout comme nous l’avons été avec les producteurs locaux, et le serons aussi plus tard avec les traiteurs et autres acteurs de l’événementiel !

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